Bienveillance, pensées et ligne du temps

DSC00177La pratique quotidienne de la bienveillance nous offre l’opportunité d’identifier nos programmes car elle dilate le temps séparant l’apparition d’un élément déclencheur de notre réaction.

Si nous sommes parvenus à créer et nous entourer d’un environnement professionnel bienveillant, les éléments déclencheurs propres à nous perturber restent légions. Ils peuvent être de nature réelle et/ou physique, ou simplement imaginaire, ce qui revient au même dans les effets.

L’élément déclencheur peut être une image qui apparait dans notre champ de vision, une musique que nous entendons, un parfum, un goût, une sensation physique. Nos sens par lesquels entrent les informations de notre environnement sont autant de portes par lesquelles des éléments déclencheurs vont activer des souvenirs, des émotions et des croyances. Parmi ces 5 sens, la vision est prééminente sur les autres et possède donc déjà la possibilité de nous confusionner. La 1ère croyance à laquelle personne n’échappe établit que ce que nous voyons a plus d’importance que ce que nous entendons.

L’élément déclencheur peut aussi être une pensée. Des écoles occidentales ont étudié cet ensemble sensoriel des 5 sens par lequel nous sommes informés et interagissons avec notre environnement. Des traditions orientales les complètent en y ajoutant un autre sens: le mental. Par ce mental entrent des informations – les pensées – qui ne concernent alors plus uniquement l’environnement extérieur mais aussi l’intérieur. La 2ème croyance à laquelle peu échappent établit que ce que nous pensons a plus d’importance que ce que nous voyons.

Peut-on rester sans penser ? Aujourd’hui, le monde scientifique affirme que non, avec toutefois la réserve de définir précisément ce qu’est penser. En particulier distinguer ce qu’est la pensée consciente du « vagabondage mental (daydreaming), qui peut occuper jusqu’au tiers de notre temps d’éveil, et qui stimule la créativité car le réseau par défaut aurait tendance à provoquer des associations inédites entre les neurones. »

La ratiocination est une pensée stérile qui ramène toujours l’individu dans ses préoccupations récurrentes, d’où la bienveillance envers lui-même et les autres est exempte. L’avantage du vagabondage mental est de favoriser des connexions neuronales inédites et inattendues, potentiellement fécondes de solutions.

Quant à ne pas penser, essayez le test de Frank Kinslow : Fermez les yeux quelques secondes, observez vos pensées sans jugement, et répondez à la question suivante tout en observant ce qui se passe à l’intérieur de vous : « D’où va jaillir votre prochaine pensée ? »

Pratiquer la bienveillance dans l’entreprise est d’abord pratiquer la bienveillance envers soi-même, en nous invitant à être attentifs à ces pensées qui, si elles conduisent aux mêmes conclusions qu’hier ou qu’il y a quelques minutes auparavant, n’ont plus lieu d’être.

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