Les petits trucs de la bienveillance (2)

Rz_33Dans la série des petits trucs utiles et efficaces pour pratiquer la bienveillance, examinons aujourd’hui : Pourquoi laisser notre interlocuteur aller au bout de son idée sans lui couper la parole ? Dans la prise de parole comment privilégier la spontanéité sur le calcul ? Etre bienveillant avec soi-même, comment se débarrasser facilement d’un TOC ?

Mieux vaut prévenir que guérir ! Cet adage a toute sa place dans l’entreprise, en particulier lorsqu’on considère le coût des RPS. Construire les conditions pour reconnaître et désamorcer un possible stress en nous ou un possible conflit avec l’autre coûtera moins cher en efforts et en temps qu’avoir à les traiter s’ils sont déjà installés.

Voici trois techniques simples à mettre en œuvre qui désamorceront un éventuel stress ou d’éventuelles incompréhensions dans la relation professionnelle. Afin de pacifier la
relation que nous entretenons avec nous-même et avec l’autre.

Laissons la parole à l’autre !

Il nous semble parfois possible de terminer la phrase de notre interlocuteur avant lui, d’autant plus si nous le connaissons bien, lui et ses méthodes de fonctionnements, lorsque par exemple nous appartenons à la même équipe depuis longtemps. Tous, nous avons déjà expérimenté cette synchronicité de pouvoir terminer la phrase avant l’autre, parfois même de devancer son désir ou son intention. Cette synchronicité est bien réelle, nos neurones miroirs sont à l’œuvre, elle prouve simplement qu’en l’instant nous sommes sur la même longueur d’onde que notre interlocuteur.

Le piège existe cependant de nous octroyer inconsciemment plus d’importance que nous n’en n’avons. En systématisant cette éventuelle ressource, nous risquons de récupérer cette qualité à des fins égoïstes et de transformer cette disposition favorable en mauvaise habitude. Et nous devenons vite impolis en coupant systématiquement la parole à l’autre. Car l’expérience prouve que si quelques fois nous tombons juste, la plupart du temps la fin de phrase qui jaillit dans notre esprit puis de notre bouche provient de notre système de croyances, de notre représentation du monde dans l’instant. Du coup, nous ne sommes plus du tout en empathie avec l’autre mais bien enfermé dans notre propre système. Nous tombons complètement à côté de ce que l’autre voulait nous dire en lui coupant la parole.

La bienveillance envers l’autre nous invite à toujours le laisser aller au bout de sa phrase ou de son idée. Si d’aventure elle correspond à ce que nous aurions pu dire aussi, amusons-nous intérieurement autant que discrètement de cette synchronicité.

Lorsque je parle, je ne pense pas !

Des situations potentiellement stressantes se présentent à longueur de journée. Nous savons pourtant que le potentiel de complications d’une situation est bien souvent beaucoup plus imaginé que réel. Mais notre cerveau n’en a cure, car il ne sait pas si ce que nous vivons ou pas est réel ou imaginé car les mêmes zones neuronales sont sollicitées dans les 2 cas.

C’est particulièrement le cas lorsque nous devons prendre la parole. Le stress généré peut être si puissant qu’il bloque toutes fonctions et nous paralyse littéralement, avant même que nous ayons commencé de parler. Alors voilà un truc sensationnel pour être enfin bienveillant avec soi-même lorsque nous devons prendre la parole. Parlons tout de suite, sans même y penser, car lorsque je parle, je ne pense pas ! Il suffit donc de commencer à parler pour totalement cesser de penser et shunter tout le stress. Là encore, je ne vous demande pas de me croire sur parole mais d’expérimenter vous-même. Essayer de parler en pensant, ou de penser en parlant. Si vous y parvenez quand même, vous êtes vraiment fort ! Gardez quand même cette information sous le coude, et lors de la prochaine discussion avec votre collègue, après coup, observez si vous avez été spontané ou si vous avez réfléchi tout en parlant.

Les TOCS ne sont pas éthiques

Le Trouble Obsessionnel Compulsif peut vite devenir invalidant, qu’il s’agisse de vérifier 5 fois le même calcul ou 10 fois si nous avons bien fermé notre bureau lorsque nous quittons notre travail. Comme tout processus inconscient, son origine peut être fondée, c’est-à-dire qu’il a pu être créé pour répondre ponctuellement à un besoin ou une défaillance de notre part. Néanmoins, si nous n’y prenons garde, il peut vite devenir un programme inconscient automatique. Ainsi, s’il nous conforte dans une relative zone de sécurité, où chaque objet est parfaitement à sa place, il peut devenir frustrant voire nous gêner lorsqu’il est exposé à des tiers, par exemple lors de relations dans un groupe de travail avec des collègues. Imaginez la frustration de ne pouvoir céder à notre TOC de vérifier 5 fois notre calcul lorsque nous sommes en train de travailler avec d’autres.

Pour se débarrasser facilement d’un TOC, il suffit d’y associer une nouvelle information qui n’a aucun rapport avec l’objet du TOC. Ainsi, vous ouvrez une brèche dans le processus automatique, et lorsque jaillira le besoin de vérifier une nouvelle fois, cette information qui n’a pas de rapport mais qui y sera cependant associée jaillira en même temps, vous assurant que vous avez déjà accompli le geste et qu’il est inutile d’y revenir.

Par exemple, lorsque vous fermez la porte de votre bureau avant de partir le soir, cherchez un élément de votre champ visuel qui n’a pas de rapport, ou associez un son que vous entendez à ce moment très précis. Ou encore, pincez-vous légèrement le gras de votre main. Lorsque vous serez tenté de vérifier une nouvelle fois si vous avez bien fermé votre bureau, l’information associée jaillira concomitamment, selon la loi de Hebb qui stipule que 2 neurones sollicités en même temps se relient. Alors, vous serez sûr que vous avez déjà accompli le geste. Bien sûr, il faut trouver une nouvelle information à chaque fois, ce qui sollicite en même temps l’imagination et fait passer petit à petit le TOC pour un jeu.

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