Ne jamais remettre la bienveillance à demain

Rz_28Ce billet approfondit l’article « Procrastiner ou remettre la bienveillance à demain » paru dans la revue Cadres et Dirigeants. Les commentaires qui suivent sont une libre traduction d’un article fort intéressant paru le 15 juin dernier sur le site : onewithnow.com : « Pourquoi nous procrastinons, les 5 avantages de la procrastination », écrit par Manal Ghosain.

« Si la peur est l’ennemi des rêves que nous poursuivons, la procrastination en est l’arme. La procrastination tue nos rêves et engourdit nos désirs. C’est la forme la plus redoutée de résistance. C’est une attitude ancrée qui est intelligente, persuasive, manipulatrice et très addictive.

Nous savons que la procrastination est nocive mais nous ne pouvons pas nous aider. Nous nous en inquiétons mais nous continuons de tergiverser. Pour quelle raison ? Si nous restons sur l’analogie de l’addiction, il doit se trouver des avantages immédiats à la procrastination qui expliquent cette dépendance.

Les avantages de la procrastination :

Voici quelques récompenses à la procrastination qui alimentent cette dépendance, et qui perpétuent un cycle de lutte et d’inaction.

1 Éviter l’inconfort et la douleur : En évitant l’action, nous évitons du même coup les difficultés et les efforts en vue de réaliser quelque chose qui nous fait peur ou qui nous écrase.

2 Romancer l’avenir : Lorsque nous n’agissons pas, nous continuons à aspirer à ce qui pourrait être. Nous cherchons constamment l’herbe plus verte de l’avenir, un mélange d’anticipation et de nostalgie. Le stress de retarder l’action peut ne pas être suffisant pour nous sortir de l’imaginaire de l’avenir. Il est plus amusant d’imaginer un bel avenir que d’être confronté à la réalité et d’y faire face.

3 Le sens de la mission : Lorsque nous ne réalisons pas les choses, n’y même ne les commençons, nous nous imaginons avoir un but et de l’importance. Nous avons quelque chose à faire. Imaginez si vous vous réveilliez et qu’il n’y avait rien, absolument rien à faire. Comment vous sentiriez-vous, réellement ? Vous pourriez vous sentir soulagé et détendu, mais seulement pour un court laps de temps. Nous ne sommes pas habitués à l’oisiveté. Une mission, ou quelque chose que nous devons à réaliser, nous pousse à continuer. Être occupé avec beaucoup de choses à faire valorise l’ego. Cela nous donne de l’importance.

4 Renforcer l’impuissance : Chaque fois que nous ne passons pas à l’acte alors que nous avions dit que nous le ferions, nous envoyons un message à l’inconscient, ou nous renforçons un message existant. Ce message est source de souffrance et destructeur, surtout lorsqu’il est répété à maintes reprises : je ne suis pas assez bon, je ne peux pas le faire, je suis un perdant, etc. Nous nourrissons la même négativité, sur une longue période de temps, et nous nous transformons en victimes de notre propre fait. Par essence, la victimisation nous absout de toute responsabilité. Nous pensons que nous manquons de tout pouvoir face aux circonstances et défis. Victimisation et procrastination se nourrissent l’une l’autre sans fin.

5 Bouclier contre l’échec : Il s’agit là d’une grande récompense. Nous pouvons planifier, poser toutes les intentions de passer aux choses sérieuses, bientôt dans l’avenir. Si nous nous abstenons, comment pouvons-nous échouer ? La devise de la procrastination est : rien de tenté, rien de perdu.

Comme vous le constatez, la procrastination fait appel à notre désir intérieur d‘éviter la douleur et de rechercher le plaisir. À court terme, nous pouvons différer, éviter l’échec, et être occupé dans la  réjouissance d’un résultat imaginaire qui se produira dans l’avenir. Cependant, après quelques années, nous sentirons la morsure des rêves et désirs inassouvis, et la réalité de l’évitement nous rattrapera.

Comment surmonter la dépendance à la procrastination ?

Comme pour toute addiction, la première étape est de réaliser que la procrastination fait plus de dégâts que de bénéfices à court terme. En d’autres termes, nous pouvons commencer par prendre les soi-disant avantages et les retourner afin qu’ils nous dévoilent leur face cachée, le coût élevé de l’inaction.

1 Retarder l’inconfort et la souffrance retarde aussi les expériences, l’apprentissage et la croissance. A long terme, l’inaction et l’évitement de la souffrance créent une variété beaucoup plus profonde de souffrance : le regret et l’apathie.

2 Fantasmer sur l’avenir ne nous rapproche pas plus de nos désirs, précisément en ce moment. Les rêves inachevés restent une destination qui ne cesse de s’éloigner, jusqu’à ce qu’ils soient hors de portée. Finalement, cela nous pèse encore plus, rendant encore plus difficile la prise de décisions.

3 Une mission qui n’est jamais poursuivie activement n’est plus une mission, il s’agit d’une illusion, une distraction tout au mieux. Tôt ou tard, nous réaliserons que nous nous leurrons en étant occupé à ne rien faire de ce qui est important pour nous.

4 Impuissance et victimisation ne rendent jamais meilleurs le passé, le présent et le futur. Se prendre pour une victime est une dure punition que l’on s’inflige à soi-même. Nous nous emprisonnons dans une prison mentale et abandonnons notre droit et notre pouvoir de choisir.

5 En essayant de nous protéger de chuter, nous fermons la porte à tout succès possible. Retarder la possibilité d’un échec retarde également la possibilité d’un succès, et nous entraîne plus profondément dans la fosse de l’inaction.

Chaque fois que vous êtes tenté de tergiverser, pensez à la récompense et trouvez un moyen de l’obtenir. Plus vous réaliserez vraiment la gravité d’une satisfaction instantanément manquée, plus vite vous passerez à l’action.

Entrer en action

L’action est le seul remède à la procrastination. Les pensées et les sentiments ne nous mènent nulle part, sauf s’ils sont suivis d’effet. Voici quelques idées sur l’action et la lutte qui pourraient être utile.

Etre dans la réalité : Il est tentant de penser au temps passé et aux d’occasions manquées, et se complaire dans le regret. Mais cela n’amène aucun bien.

Concentrons-nous uniquement sur l’instant et décidons de faire quelque chose aujourd’hui. Qu’est-ce que cela pourrait être ? Mettons l’accent sur ​​l’action, non sur les résultats. Lorsque nous envisageons la totalité d’un rêve ou d’un désir, nous pouvons nous sentir dépassés et refroidis. Lorsque nous nous concentrons sur ce que nous pouvons faire maintenant, sur l’action elle-même, nous sommes plus enclins à le faire. Le progrès est la somme d’actions simples répétées, encore et encore.

Acceptons la peur : La peur et le doute seront toujours là. Agir en dépit de la peur est une ressource qui augmente avec la pratique. La plupart du temps, nous ne nous sentirons pas sûrs ou prêts à 100%, mais agissons quand même. Le mouvement et le progrès ont tendance à recentrer un esprit craintif.

Agissons clairement : La clarté ne peut être gagnée qu’en agissant et en modifiant notre approche en cours de route. La seule chose dont nous ayons besoin lorsque nous commençons est une vision globale du résultat final. Rien ne se passe jamais de la manière que nous pensions. Et nos idées imaginaires peuvent plus volontiers nous anéantir que nous motiver.

Tout est un choix: La procrastination est un choix, un choix passif, mais un choix tout de même. Tout comme nous faisons le choix de tergiverser, nous pouvons choisir d’agir et d’aller de l’avant.

Il n’existe ni potions magiques ni magiciens : Il n’y a pas de solution magique à la procrastination, et nul n’est plus capable que nous. Plus vite nous nous approprierons cette notion, plus vite nous cesserons de rechercher des solutions et passerons à l’action.

La cohérence possède un pouvoir réel : Répéter des actions modestes est tout ce qui est nécessaire. Continuons et l’univers nous enverra un signe, un coup de main en quelque sorte. La plupart des habitudes commencent par un premier pas maladroit, suivi d’un autre, puis une inspiration naît et nous comprenons que nous réalisons des progrès.

Gardons tout cela en mémoire et améliorons-le tout au long du chemin. L’arrêt est l’ennemi du progrès et de l’amélioration. La procrastination survient et va continuer à se produire. Nous n’avons pas besoin de mener une guerre contre elle. Tout ce que nous devons faire est de constater les gains cachés, consciemment les laisser s’en aller, et choisir l’action. »

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