Bienveillance et libre arbitre

Rz_couleursLa plupart de nos comportements sont à classer dans la catégorie des habitudes. Certains scientifiques prétendent que notre personnalité est complètement constituée à 35 ans et que, passé cet âge, 95% de notre personnalité est formée de programmes inconscients automatiques. Nous serions des «organismes corps-esprit automatiques.»

Pourtant, nous ne sommes pas des animaux, et 2 concepts nous caractérisent et nous différencient définitivement de nos compagnons à 4 pattes : la métacognition et le libre arbitre. La métacognition est la possibilité d’être attentif à la pensée que nous avons ou à l’acte que nous posons en même temps qu’ils se produisent. Le libre arbitre est la possibilité de changer d’avis ou de comportement en même temps qu’il se présente à nous de choisir ou d’agir.

Mon chien, qui se prénomme Buzz, a une otite. Nous lui avons posé un col en plastique afin de l’empêcher de se gratter l’oreille. Lorsque je l’ai sorti ce matin pour ses besoins, il a été incapable d’uriner car son col l’empêchait de renifler le bon endroit ou uriner. J’ai dû lui enlever son col et il a pu uriner après avoir senti le bon endroit. Son mécanisme d’uriner semblait déclenché par la reconnaissance par son odorat d’un endroit convenable.

D’un autre côté, concernant le libre arbitre, l’expérience de Benjamin Libet en 1983 est éloquente, même si elle prête toujours à controverse. Les résultats de cette expérience montrent une activité cérébrale caractéristique appelée «potentiel évoqué primaire» qui survient environ 350 millisecondes avant l’instant où le sujet indique son intention consciente d’agir.

Dans une relation professionnelle, nous pouvons décider d’agir avec bienveillance car nous avons compris que le conflit alimente le conflit et que la bienveillance possède un pouvoir neutralisant et désamorçant de l’agression. Parce qu’elle est totalement contraire à ce qu’attend l’autre, elle introduit une faille dans son schéma classique de comportement en l’invitant à agir de toute autre manière. De même, la présence des neurones miroirs nous propose à tous deux de souhaiter le bonheur de l’autre pour la simple raison que nous aspirons à être heureux nous-même.

Cependant, si nous avons décidé d’agir avec bienveillance, nos programmes inconscients automatiques peuvent nous porter encore parfois à valider des pensées ou des actes qui sont contraires à la bienveillance. Nous n’y pouvons rien, nous arguons du fait que c’est plus fort que nous, même si nous regrettons quelques instants plus tard.

La bienveillance est une qualité mais elle a besoin de pratique. Un comportement validé depuis des années aura du mal à ne pas être validé une nouvelle fois si le même élément déclencheur se présente. Cependant la neuroplasticité du cerveau est prodigieuse. La seule observation de la chaîne : élément déclencheur → pensée/acte offre la possibilité à la connexion de ne pas « automatiquement » se dérouler et crée une nouvelle connexion synaptique.

Cette observation agit comme un curseur sur la ligne de temps séparant l’élément déclencheur de l’acte. Chaque observation, même si elle passe toujours au début par un acte automatique, va permettre au curseur de l’attention de se déplacer de plus en plus en amont de la chaîne, jusqu’à bientôt être en alerte dès l’apparition de l’élément déclencheur, afin de proposer au sujet un nouvel acte, une nouvelle réponse, davantage en adéquation avec la situation. La bienveillance est atteinte.

La bienveillance nous propose d’être attentif à nos pensées et nos comportements, c’est bien dans cette pratique que réside la possibilité de changement.

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