Formation : « Bienveillance et innovations comportementales », la 1ère étape est moi-même

birdsUne lutte fratricide et millénaire prend place en chacun de nous : F.B.I. vs C.I.A., ou la lutte pour le contrôle de la sécurité (et/ou de la satisfaction) intérieure. Dans ce contexte, la pratique de la bienveillance au quotidien est l’arbitrage intérieur entre notre Faculté de Bienveillance Intuitive et nos Comportements Inconscients Automatiques.

Cette dualité est réelle puisque 80% de nos 60 000 pensées quotidiennes sont identiques à la veille. Nous sommes sans cesse ballotés entre ces 2 options, et il est vraisemblable que quel que soit notre état de progression sur un chemin d’épanouissement personnel, nous continuerons jusqu’au bout d’être sollicité par nos programmes automatiques ou par de nouvelles possibilités existentielles et comportementales. Jusqu’à ce que nous remplacions les premiers par les seconds et que ceux-ci deviennent à leur tour automatiques.

D’un côté, nous pouvons ne nous préoccuper ni de nos pensées ni de nos actes, nous laisser vivre par nos pulsions habituelles et être vécus par notre réalité intérieure, arguer que nous avons toujours été comme cela, que même nos parents l’étaient avant nous. Ou nous pouvons casser le mythe de l’irréversibilité génétique, comprendre enfin que nos actes et notre environnement déterminent notre ADN et non le contraire. Nous pouvons alors vivre pleinement conscient de ce qui se passe en nous, tenter de corriger certaines tendances si d’aventure elles ne correspondent pas ou plus à notre état de conscience, ou à l’évolution de la société, ou si les mêmes situations se répètent quelles que soient les personnes que nous rencontrons, ou si cela occasionne souffrance en nous.

L’intuition nous relie naturellement à l’autre alors que le mental nous en sépare

Et même dans cette seconde perspective, une vigilance de chaque instant s’avère nécessaire, car si nous pratiquons assidument la présence attentionnelle ou pleine conscience, à quelle fin la pratiquons-nous ? Méditer et accroître notre champ de compréhension des phénomènes et des actes n’est salutaire que si cette pratique s’accompagne de bienveillance impersonnelle et non pas dans un but narcissique. Écoutons les interrogations de Yasmine Liénard à ce sujet.

Or, les fondements culturels de nos sociétés occidentales reposent sur le développement de la personnalité. Depuis des décennies, nous sommes matraqués de messages du genre : « Affirme-toi ! Revendique qui tu es ! Sois pleinement l’acteur de ta réussite ! Etc. » Jusqu’à ces dernières formes d’identification et de présentation personnelle que sont par exemple le personal branding.

Ces messages maintiennent l’individu dans une aveuglement intellectuel anachronique, ils le trompent sur l’importance à donner à un outil plutôt qu’à une qualité, à savoir privilégier le mental de la personnalité plutôt que l’intuition du cœur. Or la bienveillance spontanée est une qualité caractéristique de l’intuition car l’intuition nous relie naturellement à l’autre au lieu de nous en séparer.

L’intuition nous connecte à « Je suis » alors que le mental nous relie à « Je pense », et nous savons désormais que « Je suis » est antérieur à « Je pense ». La confusion ou l’amalgame des deux crée identification, attachement puis souffrance. Alors, si nous avons fait le tour du mental, que savons-nous de l’intuition ?

La bienveillance naturelle de l’intuition

« Il est difficile de définir l’intuition, malgré le rôle important qu’elle joue dans nos vies quotidiennes. Steve Jobs affirmait, par exemple, qu’elle était « plus puissante que l’intellect. » Cependant, quels que soient les mots utilisés, nous savons tous intuitivement ce qu’il en est. L’intuition est révélation dans un contexte particulier, et connaissance acquise de quelque chose sans utilisation du raisonnement ou des cinq sens de base. L’intuition est parfois décrite comme « révélation intérieure », « vision » ou « feeling ».

Comment renverser le leadership de l’automatisme par celui de la bienveillance intuitive ? Comment détrôner les Programmes Inconscients Automatiques ? Par la présence attentionnelle, nous l’avons vu, mais seulement si elle a comme objectif le souci et le bien-être de l’autre, car nous ne sommes rien sans lui.

la souffrance de mon énemiPlus, lorsque nous envisagerons enfin les critiques ou actes apparemment désobligeants de l’autre, qui ne sont d’ailleurs bien souvent aucunement adressé à nous en tant que personne, comme des signes extérieurs de sa souffrance intérieure, nous pourrons mieux nous rapprocher de lui et envisager sa présence comme une possibilité de réconciliation avec nous-même.

(« Si nous pouvions connaitre l’histoire secrète de nos ennemis, nous trouverions suffisamment de peine et de souffrance pour désamorcer toute hostilité »)

Ici nous parlons réellement d’innovation comportementale. Et nous comprenons que tout nous ramène définitivement à nous-même, cette carte du monde d’où découlent nos compréhensions et actions, et ce travail sur nous-même est le préalable à toute formation à la bienveillance, en entreprise ou ailleurs.

Pour cette rentrée 2015, si nous décidons enfin d’installer la bienveillance dans nos relations, la 1ère étape de la formation  sur la « Bienveillance et innovations comportementales en entreprise», commencera par nous-même, pour aller ensuite vers l’autre, et se déclinera par exemple comme suit :

Être bienveillant envers soi-même pour l’être envers l’autre

• Se respecter soi-même
• Être attentif à la manière dont on se parle à soi-même
• Développer sa capacité à comprendre ses mécanismes internes pour ne plus être dans la réaction (Neurosciences)
• Connaitre les règles de reprogrammation mentale et se les appliquer au quotidien (protocoles switch, association et substitution)
• Gérer les pensées parasites et diminuer l’impact des croyances négatives
• Être authentique et savoir s’apprécier
• Reconnaitre, accepter puis utiliser ses émotions
• Se laisser aller à ses émotions, apprendre à les exprimer avec bienveillance sans agir sous leur emprise
• Exprimer éventuellement sa colère avec positivisme et respect d’autrui en accord avec soi-même
• Connaitre et appliquer des techniques de recentrage express pour prévenir et désamorcer le stress
• Dissocier la personne que je suis de l’individu qui joue son rôle dans l’entreprise
• Se positionner en adulte professionnel dans le périmètre de ses fonctions et s’en tenir à ses responsabilités
• Etc.

Décidons de changer dès aujourd’hui en réalisant un exercice d’une grande simplicité. Identifions 2 caractéristiques de notre comportement qui n’ont (apparemment) aucun rapport entre elles : un programme inconscient automatique que nous aimerions corriger, et une nouvelle qualité de bienveillance que nous aimerions introduire dans notre vie. La loi de Hebb des neurosciences va nous aider à les associer définitivement si nous portons simplement notre attention consciente sur elles plus de 3 fois de suite.

D’un côté par exemple, sans m’en apercevoir, je ronge mes ongles. D’un autre côté, j’aimerais avoir davantage confiance en moi. Je décide alors de réaliser l’exercice suivant : 3 fois de suite, en y portant tout mon attention et ma présence possible, je porte les doigts que je ronge à ma bouche en me répétant intérieurement : « je suis capable de réaliser de grandes choses ».

Après l’avoir fait consciemment 3 fois de suite, il est sûr, certain et acquis que la prochaine fois que je me rongerai les ongles inconsciemment, la phrase : « je suis capable » jaillira spontanément en même temps.

Alors, FBI vs CIA sous l’arbitrage bienveillant de notre Direction Générale de la Satisfaction Intérieure ?

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