Harcèlement et bienveillance

Rz_92Nous sommes nombreux à avoir rencontré des cas de harcèlement dans notre vie professionnelle, peut-être même à notre égard. Certaines personnes se sont comportées de manière abusive envers nous, nous poussant au mieux vers la sortie, au pire vers d’autres issues plus définitives encore.

Si nous pouvions imaginer suffisamment tôt le développement d’une nouvelle relation professionnelle, nous pourrions sans doute en désamorcer certains aspects, en gérant avec plus de distance ou de circonspection. La difficulté provient d’être averti trop tard des motivations cachées ou de la toxicité de certains individus.

Dans le cas d’une relation hiérarchique, un chef peut être fondé de nous donner des directives, après tout ce sont ses attributions. Lorsqu’il s’agit d’un collègue plus âgé, nous pouvons lui témoigner un respect naturel, écouter ses conseils d’une oreille attentive ; au début, nous pouvons même les solliciter. Lorsque nous prenons un nouveau poste, nous adoptons une position basse par rapport aux collègues qui sont là depuis plus longtemps car ils connaissent mieux les rouages de l’entreprise ou du service que nous intégrons.

Notre intelligence relationnelle nous donne une topographie instantanée de l’autre, qu’il s’exprime avec bienveillance ou pas. Par ailleurs, la bienveillance nous invite à donner sa chance à l’autre, le considérer avec un a priori positif, envisager que se trouve un homme ou une femme derrière ce collègue ou ce chef, avec sa vie remplie de vicissitudes, exactement comme la nôtre.

Une relation entre deux personnes se construit toujours sur une base de coresponsabilité mais elle peut être tronquée par des postulats différents. Les paramètres de hiérarchie, d’âge ou d’ancienneté, établissent des rapports de force qui avantagent parfois l’un par rapport à l’autre. La difficulté d’une relation professionnelle est que les bases qui l’ont créée ont tendance à s’installer durablement, si bien que nous nous trouvons pris au piège avant d’avoir pu comprendre. Que faire alors ?

On commence par les protocoles classiques : rire ou énervement, tentative de désamorçage du conflit par la raison, médiation de collègues, doléances à l’échelon hiérarchique supérieur, intervention de médiateurs extérieurs, etc. Le tout accompagné d’anxiolytiques (on estime qu’1/3 des personnels des administrations sont médicamentés !) Lorsque rien n’y fait, c’est la dépression, l’arrêt maladie, le burn-out ou pire encore.

Lorsqu’il est décidément impossible de déloger une personne toxique car elle est installée depuis trop longtemps, qu’elle occupe une place stratégique ou qu’il reviendrait trop cher de s’en séparer, parce que la direction détourne le regard ou qu’elle se trouve elle-même impliquée dans le problème, une dernière technique peut être tentée : le retournement de l’individu, sa reprogrammation.

Le conflit et la souffrance ne sont pas des fatalités. Chacun a certes d’excellentes raisons d’agir comme il le fait, mais il est toujours possible de changer en reprogrammant son comportement, c’est-à-dire en modifiant la charge émotionnelle reliant les causes, les événements du passé, aux effets, la souffrance et le comportement toxique.

En neutralisant la charge émotionnelle liée à certains événements du passé, on enlève à l’individu les raisons d’agir comme il l’a toujours fait. Les neurosciences nous abreuvent d’exemples de reprogrammation de charges émotionnelles de souvenirs.

En outre, celui qui inflige la souffrance la subit aussi car il est prisonnier de son comportement sans pouvoir en sortir. Le médiateur comportementaliste qui se chargera de ce retournement proposera à l’individu en souffrance de sortir de ce cercle vicieux avec élégance, afin qu’il ne perde pas la face. Il devra réaliser ce recadrage avec suffisamment de doigté pour que l’individu sente qu’il est lui-même à l’origine du changement.

Le conflit alimente le conflit. La bienveillance surprend et apaise.

Vous êtes confronté à une relation toxique sur votre lieu de travail ? Essayez la stratégie de la bienveillance avec un comportementaliste.

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