La bienveillance pour un engagement durable dans l’entreprise

Rz_37bEn cette journée de la gentillesse, Franck Martin nous explique qu’être gentil n’implique pas d’être con. « Vous avez beau être le meilleur technicien du monde, si vous n’êtes pas capable de créer une relation de confiance qui s’exprime par un comportement de bienveillance, ce que vous aurez à communiquer ne sera pas pris en considération ».

Souffrance et désengagement

J’accompagne depuis 6 ans des personnes sujettes à des souffrances et troubles du comportement. J’utilise des techniques de thérapie brève (une thérapie brève ne vise pas l’origine du trouble comme le ferait une psychothérapie traditionnelle, mais est orientée solution et 1 seule séance suffit généralement).

J’ai reçu environ 2000 personnes, et nombreuses étaient celles dont la souffrance se manifestait sur leur lieu de travail et/ou dans leurs relations professionnelles. Beaucoup étaient arrêtées, médicamentées, pour des périodes parfois renouvelées sans réelle issue de dénouement. L’engagement qui était le leur lorsqu’elles ont intégré l’entreprise n’est plus qu’un souvenir.

Souffrance et neurosciences

Ces séances de soins m’ont permis d’établir 2 corrélations entre le monde du travail et celui de la thérapie :

1/La souffrance ressentie lors d’1 TOC ou d’1 addiction, ou lors d’1 stress aigu au travail est semblable dans sa nature et son développement, ainsi que dans ses conséquences, émotionnelles et physiques

2/La bienveillance possède un énorme pouvoir de désamorçage de conflits et de recentrage de la personne sur ses potentialités

La souffrance devient vite invalidante. Un individu sujet à un TOC ou une crise d’angoisse génère dans son organisme une éruption chimique qui en modifie les processus, pouvant conduire à un évanouissement ou une crise. Lors d’un stress aigu au travail, dû à un conflit avec un collègue ou une ambiance exécrable, la tension générée par l’appréhension de la confrontation peut être si puissante qu’elle crée des conditions propices à des erreurs de jugement, de mauvaise appréciation de dangers voire d’accidents de travail.

Lorsqu’on introduit les neurosciences dans son quotidien, on teste certains phénomènes qui sont très simples et très faciles à mettre en œuvre. En thérapie comme en entreprise.

Prenons 1 exemple : je souhaite cesser de penser à ce collègue qui m’a invectivé ce matin, ou à cette réunion de cet après-midi. Je sais que : 1/il est impossible de me forcer à ne pas penser à quelque chose, 2/il est impossible de penser à 2 choses en même temps, 3/une dizaine de secondes de focalisation de mon attention sur un nouvel objet me permet d’oublier totalement un objet précédent.

Un TOC possède le même pouvoir coercitif que l’appréhension d’un collègue au détour d’un couloir de l’entreprise. Si nous nous forçons à ne pas y penser, nous renforçons l’objet de notre pensée, à savoir ce que précisément nous voulons nous ôter de la tête. Comme nous ne pouvons pas penser à 2 choses à la fois, puisque nous ne sommes pas multitâches, il nous suffira de focaliser notre attention pendant 8 à 12 secondes sur un nouvel objet pour voir le 1er disparaître. Jusqu’à se demander à quoi nous pouvions bien penser précédemment.

En réalité, nous expérimentons tous ce phénomène à de nombreuses reprises au cours d’une journée. Il s’agit ici de l’utiliser de manière consciente et appropriée, et à des fins d’accroissement de ressources.

La bienveillance dans l’entreprise

Après avoir animé des ateliers de groupes où je sensibilisais les personnes sur leurs possibilités de changement, j’ai créé une formation originale  » La bienveillance en entreprise », que je propose aux entreprises, engagées dans une démarche RSE ou pas.

La bienveillance possède un réel pouvoir de neutralisation de la souffrance et des conflits.

Incluant un aspect théorique – les dernières découvertes des neurosciences -, et un aspect pratique – exercices, jeux de rôles, théâtre, mises en situation, etc.-, les participants à cette formation acquièrent une nouvelle compréhension de leurs mécanismes de fonctionnement, et donc la possibilité de changer. Celui qui sait ne peut plus agir comme s’il ne savait pas, c’est tout bonnement impossible. Dans ce contexte, les dirigeants ont nécessairement un devoir d’exemplarité.

Un salarié est une personne à part entière, avant d’être un collègue, un client ou un fournisseur. Le désamorçage des conflits et l’accompagnement de la souffrance passent toujours par le même circuit : La compréhension de nos mécanismes cognitifs et l’instauration de la bienveillance dans nos relations.

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