Please, be my Getz

isaac getz (2)J’ai assisté à la conférence d’Isaac Getz ce matin à Chateaubriand. Rentré le matin même des Etats-Unis, il fait 3 heures de route sans avoir récupéré ses bagages pour donner une conférence un samedi matin.

D’ailleurs, il nous fait gentiment remarquer que le samedi matin est plus propice au repos. Ne pouvant parler longtemps avec lui à l’issue de la conférence, je lui demande quand même l’autorisation d’utiliser son nom pour faire un bienveillant jeu de mots entre Getz et Guest.

« Please, be my Getz » pourrait donc se traduire par « S’il te plait, sois mon Getz » et « Please, be my Guest » par « Je t’en prie, sois le bienvenu. » Ces deux possibilités ne sont pas sans rapport si l’on considère la qualité de présence d’un M. Getz dans chaque entreprise.

De nombreuses informations sont dispensées lors de la conférence, avec la bienveillance en filigrane sans que le mot ne soit jamais prononcé. Peu importe, nous savons que ce qui n’est pas exprimé est parfois plus important que ce qui est exprimé.

Tout d’abord, les 3 étapes de transformation de l’entreprise, avec en toile de fonds et cette fois clairement exprimé : l’établissement de règles de comportement partagées.

1/ Egalité intrinsèque entre les individus, dans le respect, l’intelligence et la confiance. Chacun trouve la résolution du problème à son niveau, 2/ Développement personnel ou réalisation du potentiel individuel, 3/ Auto-direction.

La 3ème étape, l’auto-direction de la personne, rebondit sur une des nombreuses anecdotes qui ont parsemé son discours. « Combien de temps  dans une entreprise un imbécile devient-il un génie ? » M. Getz répond 1 journée, alors que nous serions tentés de dire beaucoup moins.

Les règles cognitives de l’apprentissage établissent qu’une prise de conscience change totalement un individu, structurellement pourrait-on dire. La prise de conscience lors d’un apprentissage n’est plus simplement une compréhension mais bien une révélation. C’est également le cas en thérapie comportementale où il est inefficace et contre-productif de donner la solution d’un problème à quelqu’un. Plus une suggestion sera ouverte, plus elle sera possiblement impactante car l’individu lui-même affinera au plus juste et selon ses propres critères sa réponse idéale au problème.

Une citation faite par M. Getz de Monsieur Warren Bennis prend alors toute son importance : « Vous ne pouvez pas transformer votre entreprise sans vous transformer vous-même », et à de nombreuses reprises, il rappelle qu’il est parfois nécessaire pour un manager de faire un travail sur soi avant d’envisager la libération de son entreprise.

A la lumière de cette phrase, ouvrons la définition  de la bienveillance le plus largement possible. Si elle s’adresse d’abord à l’autre que nous rencontrons, la bienveillance est en réalité beaucoup plus que cela et il est incomplet de croire que l’adversité ne se présente que dans l’altérité. Ce sont tous les événements qui parsèment notre quotidien qui peuvent être autant d’éléments déclencheurs de replis sur soi-même, de refus et de retours des vieux schémas comportementaux. Le temps qu’il fait, un embouteillage, notre place de parking occupée, notre repas insuffisamment salé, un outil qui nous échappe des mains, etc.

La bienveillance est une disposition favorable et positive à ce qui se présente dans l’instant. En la cultivant, on nage en permanence dans le sens du courant, et on acquiert de meilleurs outils pour s’améliorer et accroître nos compétences.

« Please, be my Guest », s’adresse donc à tout ce qui se présente, quelle que soit sa nature, sa forme, sa couleur, sa voix ou l’instant où cela se présente. La bienveillance est une pratique de chaque instant. Comme de ne pas avoir récupéré ses bagages ou travailler un samedi.

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