Ce qui n’est pas exprimé est plus important que ce qui est exprimé

Rz_4Dans la relation avec un collègue que nous connaissons bien, la quantité d’informations que nous exprimons dépasse largement ce que nous croyons exprimer. Beaucoup d’entre nous connaissent déjà le langage non verbal et para-verbal, mais qu’en est-il de ce que nous percevons vraiment de nous-même et de l’autre dans une relation ? La bienveillance peut-elle aider dans ce contexte ?

Quelques postulats peuvent nous éclairer :

  1. Il suffit d’1 fois pour relier 2 informations par connexion synaptique (pensez par exemple à une information sensorielle ou une pensée, qui vous connecte instantanément à 1 élément de votre rêve de la nuit précédente)
  2. Quelques fois suffisent pour relier durablement 2 informations entre elles et créer une habitude
  3. Sur les 400 milliards de bits d’informations que le cerveau traite chaque instant, nous n’en sommes conscients que de 2000, qui nous informent sur notre corps, sur l’environnement et sur la temporalité. Notre partie consciente organise donc sa stratégie d’existence à partir d’une infime partie des informations provenant de l’extérieur dont elle dispose
  4. En outre, cette partie consciente n’est jamais pleinement consciente de ce qu’elle absorbe. En effet, l’attention que nous portons à nos propres pensées diminue d’autant la quantité d’informations externes recevables. Combien de fois ne nous a-t’on pas dit : « Dis donc, je te parle, tu m’écoutes ? Tu as l’air complètement perdu dans tes pensées ! »
  5. Cerise sur le gâteau (sic), l’individu possède une propension naturelle à tout ramener à lui de ce qu’il perçoit de son environnement extérieur en général, et de ce que dit l’autre en particulier
  6. Une situation entre 2 adultes se construit sur la règle du 50/50 et chacun des deux acteurs est responsable pour moitié de sa création et de son évolution

Alors, que se passe-t’il vraiment dans une relation où l’on croit connaître l’autre ?

Entre 2 personnes qui se connaissent et qui se croisent de nouveau, la relation commence toujours par la validation par les 2 parties de ce qu’elles croient savoir de l’autre. Je ne vous demande pas de me croire sur parole mais d’observer objectivement ce qui se passera demain matin en vous lorsque vous arriverez à votre bureau et que vous croiserez la 1ère personne qui se présentera, qu’il s’agisse d’un collègue ou d’un supérieur hiérarchique.

Ainsi, lorsque A veut transmettre une information à B, A va adapter cette information en fonction de ce qu’il croit que B va en comprendre. Une fois l’information exprimée, B, de son côté, va à son tour modifier l’information en fonction de ce qu’il pense que A a réellement eu l’intention de lui transmettre. L’information sera donc tronquée 2 fois et n’aura plus beaucoup de rapport avec ce que chacun a réellement eu le désir de partager.

Un bienheureux hasard pourrait faire que la compréhension de B rectifie naturellement la modification de A dans son sens d’origine, mais il y a peu de chance vu la cerise évoquée plus haut.

La bienveillance dans cette relation consistera à modifier les postulats de base afin que toutes les chances soient réunies pour une meilleure communication :

  • Affiner notre compréhension des mécanismes de notre cerveau pour observer ce qui se passe réellement en nous améliorera les postulats 1 et 2
  • Etre davantage conscient de ce qui se passe en nous afin d’augmenter la quantité d’informations que nous pouvons absorber, être moins dans nos pensée et plus ouvert à l’extérieur, rectifiera les postulats 3 et 4
  • Cesser de tout ramener à soi en toute circonstance, l’autre n’en a pas systématiquement après nous, changera le 5ème postulat
  • Enfin, prendre l’initiative de la bienveillance dans l’échange modifiera la nature et la qualité du 50/50, en invitant l’autre à être bienveillant à son tour

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