La bienveillance et l’entreprise …

Rz_57La bienveillance et l’entreprise, deux réalités françaises aussi improbables et apparemment peu compatibles que la méditation et l’hôpital, et pourtant. (1) Quel est le rapport entre la bienveillance et l’entreprise ? Pourquoi un blog sur la bienveillance en entreprise ? Parce que ces deux paramètres, la qualité de notre vie et le temps que nous passons au travail, sont co-existants et interdépendants. Alors la bienveillance, si elle est par nature une qualité, pourrait-elle devenir un programme (2) ? Si c’est le cas, il sera forcément payant et je le démontrerai dans les posts à venir.

Einstein disait qu’aucun problème ne peut se résoudre à partir du niveau de conscience qui l’a créé. Nous ne pouvons imaginer une solution à un problème dont nous sommes responsable. Cela tombe sous le sens lorsqu’on envisage la métacognition, la capacité d’observer ce qui se passe en nous à l’instant où cela se déroule. Et cela se comprend grâce à l’éclairage qu’offrent les neurosciences sur la mécanique du cerveau. Ce dernier possède des limitations techniques qui sont propres à sa nature et desquelles il ne peut s’affranchir. Voici 2 exemples de structures limitantes de notre cerveau:

Rz_BUREAU151/ Il est impossible de faire 2 choses à la fois :

Des exercices très faciles à exécuter nous démontrent que l’on peut passer très rapidement d’un sens à un autre, d’un objet d’attention à un autre, mais que notre attention est structurellement incapable de se fixer sur les 2 objets en même temps. Cette limitation technique du cerveau vaut également pour une pensée considérée comme un objet (pour la petite histoire, les bouddhistes considèrent le mental comme un sens.) Notre cerveau ne peut penser et sentir en même temps. Je ne vous demande pas de me croire sur parole mais de faire l’essai tout de suite chez vous : lisez ces lignes en même temps que vous écoutez la météo à la radio ; ou rappelez-vous le goût de votre boisson préférée que vous avez pris au petit déjeuner ce matin tout en sentant votre bassin assis sur la chaise. Observez de quelle manière vous passez rapidement d’une information à l’autre sans pouvoir les traiter en même temps.

2/ Le cerveau ne fait pas la différence entre ce qu’il voit et ce dont il se souvient car les mêmes réseaux neuronaux sont actifs.

Rz_soleilL’expérience est probante. Rappelez-vous un bon souvenir, fermez les yeux et revivez-le « comme si vous y étiez », faites passer l’information par vos 5 sens, affinez-la et observez les émotions et sensations corporelles qui jaillissent en vous, semblables à celles que vous avez vécu lors de l’événement en question. Cette caractéristique du cerveau est si vivace qu’elle conduit parfois certains individus à valider ce qu’ils imaginent jusqu’à l’apparition de réelles conséquences physiques. (Par ailleurs, allez comprendre pourquoi, l’expérience montre que les expériences négatives ont une capacité à se rappeler à notre souvenir beaucoup plus forte que les positives (3).)

A la lumière de ces 2 limites structurantes de notre cerveau, nous comprenons mieux comment les rapports entre la bienveillance et l’entreprise doivent être réinventés. Si nous agissons toujours de la même manière, nous restons dans des programmes qui ont toujours démontré leur inefficacité, car notre cerveau réagira toujours de la même manière à un même élément déclencheur. Observons notre vie et remarquons, par exemple, que le conflit alimente le conflit, ou qu’un mensonge nécessite toujours un mensonge plus gros pour se justifier. Comme le dit Einstein, nous n’avons pas les structures cognitives nécessaires pour imaginer la manière de nous extraire d’une situation lorsque nous sommes nous-même à son origine.

Dans une entreprise comme dans un cerveau, lorsque rien ne marche entre les humains ou les neurones, il faut inventer un nouveau schéma qui donnera la possibilité à chacun des acteurs de s’en sortir dignement. Ce nouveau schéma sera tout sauf ce qui a déjà été essayé. Ce qui a créé la question ne peut contribuer à en chercher la réponse, de même que d’identiques connexions synaptiques ne peuvent créer que d’identiques comportements.

Agir totalement différemment de la manière dont nous agissons d’habitude pourra être le programme de la bienveillance dans l’entreprise. Imaginez votre surprise ce soir lorsque vous vous brosserez les dents avec l’autre main (3) !

 

(1) http://commentmediter.net/diplome-universitaire-medecine-meditation-neurosciences

(2) http://www.juliette-tournand.com/ sur la stratégie de la bienveillance

(3) nous développerons cela dans un prochain post

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