Le capital de bienveillance

IMG_20111217_053333On ne peut transmettre une valeur que si l’on en vit, que si l’on commence par l’incarner soi-même, de même que l’on ne peut parler que de quelque chose que l’on connait. S’il s’agit d’un préalable de cohérence par rapport à nous-même, les neurones miroirs présent en notre interlocuteur auront tôt fait de détecter une incongruence si nous essayons de transmettre un message auquel nous ne croyons pas.

« Les chercheurs ont mis des casques sur des patients et leurs psychothérapeutes et, lorsque cela se passe bien, ils ont observé que ce sont les mêmes zones de leurs cerveaux qui s’allument et se mettent en résonance.*»

L’interview** de Guibert de Marmol que je vous propose aujourd’hui commence par la phrase de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir apparaître en ce monde ! » Il est en effet très important, voire déterminant, de commencer par vivre soi-même de toute valeur que nous souhaitons transmettre ou voir s’installer dans nos relations.

Prenons la sincérité ou l’honnêteté par exemple. Pouvons-nous raisonnablement continuer de penser que notre interlocuteur n’enregistre pas une alerte en lui, qui se manifeste peut-être comme une intuition, si dans notre conversation nous lui racontons des histoires ? La métacognition, notre faculté d’observer en temps réel nos pensées et émotions au moment où nous expérimentons, crée nécessairement un hiatus que nous ne pouvons ignorer, infime sans doute mais bien réel, entre ce que nous savons être et ce que nous présentons. Les capacités psychiques de notre interlocuteur enregistrent ce hiatus et l’en informent aussitôt.

Si nous sommes rompus aux techniques de communication, si nous avons tant d’entrainement pour masquer avec notre corps tous ces micro-décalages entre ce qui est réellement et ce que nous disons, rappelons-nous qu’il faut moins de 20 millièmes de seconde à notre interlocuteur pour avoir une carte globale de qui nous sommes. Cette carte le renseigne sur quantité d’informations : odeur, aspect, rappels de souvenirs, etc. En particulier sur le potentiel de sympathie ou de danger que nous représentons pour lui.

Véhiculer et transmettre la bienveillance nécessite de l’incarner, de la vivre soi-même à chaque instant, comme une valeur intrinsèque à notre être, dans chaque relation et à chaque instant. Dans le contexte professionnel, cela passe par s’adresser à l’homme ou à la femme, avant de s’adresser au patron, au collègue, au client ou au fournisseur.

Notre interlocuteur se connecte alors directement à ce capital de bienveillance en nous, et la relation démarre sur des bases concrètes de travail harmonieux et de joie.

* « Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner », Ed. Albin Michel, page 58

** Une autre interview de Guibert de Marmol sur la télé de Lilou :

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