Le multitâches possible ou pas, mais avec bienveillance

Rz_36Le cerveau est-il multitâches et y a t-il des différences entre les hommes et les femmes ? Ce sujet a déjà été abordé dans un billet précédent, et les conclusions des études sont consensuelles. Nous pouvons exécuter plusieurs actions à la fois lorsqu’elles n’exigent pas une attention soutenue, comme parler en marchant par exemple.

Dès que nous devons nous concentrer sur deux tâches en même temps, cela devient plus difficile et nous sollicitons d’autres compétences de notre cerveau. Le cerveau possède une telle vélocité que cela entraîne parfois de la confusion. Pensons à l’œil qui traite un grand nombre d’images par seconde, ce qui donne au film ou au dessin animé son apparente continuité. Lorsque vous doublez un véhicule et que votre regard s’attarde un instant sur la jante de sa roue, vous surprendrez le dessin de la jante au moment où vous détournerez les yeux car l’instant sera plus rapide que le mouvement de la roue qui tourne.

De la même manière, le flux de notre pensée nous parait toujours cohérent, mais chaque neurone étant connecté à des milliers de ses semblables rien n’indique en réalité qu’un élément de pensée ait un réel rapport avec le précédent.

Des études ont démontré que si le cerveau peut gérer plusieurs tâches en même temps, car il en garde la trace, il ne peut réellement concentrer son attention sur plus d’une action en même temps. Cela est vérifiable à chaque instant de notre quotidien. Si vous écoutez le bulletin météo en même temps que vous lisez ce texte, vous le vérifierez aisément.

Un instant se fractionne en plusieurs unités et, lorsque l’individu gère plusieurs tâches en même temps, beaucoup de fractions sont consacrées aux sauts entre les tâches au détriment des tâches elles-mêmes. L’attention fait des sauts de puce en avant et en arrière en utilisant la mémoire à court terme. Les études montrent qu’une personne prend plus de temps pour accomplir une tâche lorsque qu’elle est interrompue, avec environ quatre fois plus de possibilités d’erreurs.

Cela est également vérifiable pour les conducteurs utilisant leur téléphone portable. Les études montrent qu’ils sont une demi-seconde plus lent à freiner en cas d’urgence, à revenir à une vitesse normale après une situation d’urgence, et qu’ils sont moins précis dans l’estimation de la distance de sécurité les séparant du véhicule qu’ils suivent.

La qualité principale des neurosciences est la modestie ; si elles découvrent sans cesse de nouvelles possibilités, elles en invalident potentiellement la moitié par de nouvelles découvertes à venir. La bienveillance n’est pas une découverte, seule son application au monde de l’entreprise reste à découvrir.

En outre, rappelons que la bienveillance n’est pas une tâche mais une qualité, un état d’être, et qu’elle n’est donc pas concernée par nos activités multitâches ou non. Elle a sa place en filigrane dans notre vie en général et dans l’entreprise en particulier, comme socle inspirant nos actions.

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