Les petits trucs de la bienveillance (1)

Rz_33Il peut être utile pour pratiquer la bienveillance de connaître quelques trucs simples. Des techniques pour installer une gestion optimale de notre relation à nous-même, à l’autre et à l’entreprise. Il peut parfois s’agir simplement de bon sens. Il peut s’agir aussi de comprendre, avec les neurosciences, que le déroulement d’une situation est directement proportionnel à l’attention que nous lui portons.

Avoir un mot sur le bout de la langue et tenter de se le rappeler. Se souvenir du prénom de notre interlocuteur un peu plus de temps que juste lors de la présentation. Comprendre pourquoi le fait de quitter 1 pièce en allant chercher quelque chose dans une autre pièce nous fait oublier ce que nous y sommes venus chercher. Autant de cas où l’attention que nous portons à nos pensées et nos actes est déterminante pour la suite des événements.

C’est une curieuse sensation d’avoir un mot sur le bout de la langue et de chercher en vain de se le rappeler, nos yeux rivés au plafond balayant toutes les zones de nos mémoires susceptibles de le cacher. En étant bien attentif aux picotements qui nous parcourent le crâne, on pourrait presque suivre l’infime courant électrique qui se déplace en vain à la recherche de l’information. Or, rien ne sert d’insister, notre obstination verrouille un plus l’accès. L’intention de se rappeler perdure, suffisamment volontaire pour laisser un écho derrière elle. En lâchant prise, un système de veille s’active naturellement qui nous donnera instantanément l’information la prochaine fois.

Pendant longtemps, j’oubliais le prénom de la personne à qui j’étais présenté aussitôt après lui avoir serré la main. Ce comportement est devenu totalement déplacé pour 2 raisons. Tout d’abord le manque d’intérêt pour la personne qu’indique cet oubli n’est pas bienveillant. Et surtout le temps important que je consacre à tenter de me rappeler son nom juste avant qu’elle ne m’interroge à nouveau, que je m’abstienne de le faire, ou que quelqu’un d’autre l’appelle. Dernièrement, lors d’une réunion importante, je fus capable de retenir facilement le prénom de 30 personnes. Au préalable, je me suis donné ce challenge, je me suis conditionné. Puis, lors de chaque présentation, je répétais à voix haute le prénom de la personne, en la fixant dans yeux et en établissant le contact physique, la main ou la bise. Je sollicitais ainsi 3 sens sur mes 5, la vue, l’ouïe et le sens kinesthésique. Cette technique, associée à mon intention, le challenge, et à l’observation de ce qui se déroulait en temps réel suffirent à créer la mémorisation parfaite de chaque prénom. Bien sûr, j’entretenais cette mémorisation tout au long de la réunion, cette aisance à passer de l’un à l’autre me remplissait de confiance.

Que penser enfin de ce phénomène qui nous fait oublier ce que nous sommes venus chercher dans une pièce dès que nous y pénétrons ? Une partie de notre cerveau établit une image, un instantané de chaque situation que nous vivons dans l’instant, incluant notre environnement, notre corps et le temps. Accessoirement, nos pensées. Lorsque nous sommes dans une pièce et que, grâce à la multiplicité de nos connexions neuronales, une association d’idées jaillit qui associe une pensée à un objet, l’objet se fixe à son tour dans l’instantané. Cette image devant notre vue intérieure est fixée un certain temps, en réalité le temps que nous passions la porte. Car, instantanément, nous opérons un nouveau cliché de ce qui se trouve au-delà de la porte, dans lequel l’objet est absent. Nous n’y prenons pas garde jusqu’à ce que nous nous trouvions dans la pièce où se trouve l’objet et là, nous réalisons que nous avons oublié. Il faut souvent revenir dans la pièce d’origine pour reconstituer l’instantané, dans lequel se trouve l’objet*.

Les neurosciences nous invitent à aller plus loin que la simple attention à l’instant présent. Elles nous proposent de nous approprier les dernières découvertes scientifiques sur la neuroplasticité du cerveau afin de nous en constituer des ressources, des possibilités nouvelles de compréhension et d’organisation de notre cerveau.

Dans l’entreprise, les neurosciences associées à la bienveillance nous permettent de reconnaître nombre de paramètres comportementaux, selon la règle : « je reconnais en l’autre ce que j’ai déjà vu en moi. ». Puis la reconnaissance crée naturellement la compréhension, laquelle donne naissance à l’indulgence. Au fait, savez-vous qu’un des premiers trucs de la bienveillance est de se nourrir elle-même ?

A suivre d’autres petits trucs de la bienveillance.

*voir d’autres explications sur ce site en anglais

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