2015, année de la bienveillance dans l’entreprise

bienveillance_cforQuel que soit le chemin emprunté pour parvenir à la bienveillance, il sera le bon. Peut-être avons-nous la bienveillance chevillée au corps depuis toujours. Ou, après de multiples expériences, réalisons-nous la vanité du conflit. A la lecture des progrès des neurosciences, nous avons compris la neuroplasticité de notre cerveau et le pouvoir révolutionnaire du changement.

Nous sommes tentés, en cette période de bonnes résolutions, de prendre l’engagement d’installer la bienveillance en nous et dans notre entreprise ou notre service. Alors comment s’y tenir ? Si les fêtes de fin d’année sont synonymes de bonnes résolution, sans engagement réel de notre part nous reproduirons éternellement les mêmes schémas.

Mon cerveau, un meilleur ennemi qui ne s’use que si je ne m’en sers pas,

« Nos esprits sont tout ce que nous avons. Ils sont tout ce que nous avons jamais eu. Et ils sont tout ce que nous pouvons offrir aux autres … Chaque expérience que nous avons déjà eue a été façonnée par notre esprit. Chaque relation n’est bonne ni mauvaise que par l’implication de notre esprit. » Sam Harris

Une grande partie de notre vie dépend du rapport que nous entretenons avec nous-même, en l’occurrence notre esprit, notre moi-pensant, représenté par notre cerveau.  Aussi, dans un premier temps, est-il sensé de connaître certaines de ses limites ou singularités, afin de les identifier facilement lorsqu’elles se manifestent. Cela permettrait de les contourner, mieux encore, de les utiliser à notre profit. La pratique reste néanmoins nécessaire pour les maîtriser durablement, car tout dépend de leur vivacité, de ce manque d’attention qui, pendant toutes ces années, a validé ces habitudes créées de toute pièces. Peut-être certaines nous accompagneront tout au long de notre existence, mais les regarder jaillir et s’en amuser nous prouvera que nous ne sommes plus sous leur joug.

Parmi ces singularités du cerveau, et lorsqu’elles sont associées, 2 promettent de devenir soit des handicaps soit de formidables leviers de changement. Ces caractéristiques mettent également en évidence le socle de notre personnalité : notre système de croyances.

  1. Mon cerveau ne distingue pas le présent, le passé ou l’avenir
  2. Mon cerveau ne perçoit que ce qui est sensé pour lui

… ou un fidèle ami qui me révèle toujours de nouvelles ressources

Notre cerveau ne distingue pas si ce que nous vivons se situe dans le présent, le passé ou l’avenir, car les mêmes connexions neuronales sont activées. Que je chante ma chanson préférée dans ma tête, constatant la présence de toute l’instrumentation symphonique, ou que je sois assis dans la salle de concert produit exactement le même effet en moi. De même, lorsque j’évoque un ancien souvenir en fermant les yeux et en validant de mémoire toutes les informations le concernant, je crée les mêmes émotions et sensations physiques que si j’étais en train de le vivre.

Ça marche aussi pour l’anticipation d’un événement. En thérapie, on utilise souvent la visualisation pour confusionner (une fois encore) le cerveau et l’amener à dépasser ses croyances. Proposer à un cerveau de visualiser une situation qui n’a pas encore eu lieu, en la dotant de toutes les émotions et sensations souhaitées, crée en lui le souvenir, imaginaire certes mais cependant bien réel, de cette situation. La prochaine fois que la personne sera sur le point de vivre cette situation, son cerveau ne se rappellera plus si la situation a eu lieu ou pas, et il lui sera alors possible de la vivre sans croyances limitantes. Les sportifs de haut niveau utilisent tous la visualisation pour accroître et dépasser leurs limites.

Notre cerveau ne voit ou n’entends que ce qu’il croit être possible ou sensé pour lui. Dernièrement, ma compagne m’a cherché dans toute la maison avant de s’apercevoir que la voiture n’était pas dans le jardin et conclure que j’étais sorti. Elle est passée devant l’emplacement vacant de la voiture mais comme elle n’envisageait pas que je puisse être absent, elle en a conclut que j’étais là. Son cerveau a vu la voiture qui n’était pas là ! Un autre exemple est présenté dans le film «What the bleep do we know ?» qui explique que les amérindiens ne pouvaient voir les caravelles s’approcher de leur rivage parce qu’ils ne connaissaient pas leur existence. Tout juste leur chaman voyait-il des frémissements à la surface de l’eau sans pouvoir distinguer lui non plus les bateaux. De nombreuses expériences et témoignages de ce type sont aujourd’hui décrits par le site theinvisiblegorilla.com, dont vous connaissez déjà les vidéos.

La formation de la bienveillance

Ces deux caractéristiques associées dans notre cerveau établissent que notre monde, incluant nos relations, n’est construit que sur ce que nous croyons possible d’être, et que sans vigilance, notre cerveau nous proposera toujours d’envisager ce que nous connaissons déjà. Il convient d’ajouter notre propension atavique à n’envisager que le pire, pour nous comme pour les autres. Ce qui, convenez-en, réduit drastiquement notre possible champ d’investigation. En particulier en ce qui concerne l’autre, qui est constitué exactement de la même manière que nous, qui est en réalité un autre nous-même.

L’apprentissage de la bienveillance commence donc par reconnaître que la réalité n’est pas forcément ce que nous croyons appréhender, par nos sens et notre cerveau. Accepter cette singularité, par observation de soi et analogie, nous permet de changer.

Après la compréhension vient la décision, la bonne résolution de cette fin d’année. Ensuite, nous passons à l’apprentissage. Pour finir, la pratique régulière et soutenue car les vieux programmes n’attendent qu’un signe de faiblesse de notre part pour réapparaître. Les études sur les méditants qui ont longtemps pratiqué montrent qu’ils font preuve d’une capacité, qui leur est devenue naturelle, de beaucoup plus de concentration que les non-méditants. En réalité, ces personnes ne distinguent plus un état d’attention consciente ou non, car ils ont introduit une vigilance permanente dans leur vie.

La bienveillance au cœur de l’entreprise ?!

Alors, pour 2015, la bonne résolution de la bienveillance ? Contrairement à une résolution personnelle qui n’engage que nous et qui risque d’être soumise à de nombreuses turbulences existentielles, la bonne résolution de la bienveillance a toute les chances de tenir car c’est une démarche qui nous concerne tous et qui est contagieuse ! Dès lors que nous la proposons, l’autre s’en empare à son avantage, et au profit de tous ceux qu’il côtoie.

Un effet boule de neige, en somme. Ça tombe bien pour l’hiver. Bonnes fêtes !

Merci de partager

Ce contenu a été publié dans comportement, Entreprise, Neurosciences, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.